Interview de Jordan François-Marie (ASPTT Mulhouse/Rixheim) : Le milieu pro me manquait !

Retour dans le monde professionnel après son passage vers Plobsheim (N2), pour l'arrière droit Jordan François-Marie (en photo). L'ex joueur de Montpellier, Istres, Sélestat, Dijon, Annecy et Plobsheim se lance un nouveau défi cette saison dans les rangs de l'ASPTT Mulhouse/Rixheim (N1). Entretien.

crédit photo : HandDay / HandballTransfert


C'est en toute décontraction que nous avons rencontré Jordan François-Marie dans les locaux de l'ASPTT Mulhouse/Rixheim pour la signature de son contrat avec le club alsacien. Un retour dans le milieu professionnel pour Jordan qui avait rejoint il y a deux saisons la formation de Plobsheim en N2 avant de se blesser cette saison.


Cela ne l'a pas empêché de revenir en forme et motivé comme jamais pour la saison qui s'annonce au sein de l'ASPTT M/R qui repartira en N1 avec des ambitions.


Bonjour Jordan, nous allons déjà parler de votre passage à Plobsheim en N2. Quel regard portez-vous sur cette aventure ?

A titre personnel, ce fut une bonne expérience. La petite contrainte était la distance avec quand même 35 minutes de route environ pour aller m'entraîner. Il est vrai que la dernière saison n'était pas top au niveau des résultats, mais la poule de N2 commence à être de plus en plus relevé avec des clubs au budget bien plus conséquent. Résultats sportifs compliqués, mais humainement très bien.


Revenons sur la crise sanitaire, comment avez-vous vécu cette période si particulière et inédite ?

Comme tout le monde, après j'ai eu un avantage c'est que vu que je fais mes travaux à domicile pour ma propre entreprise, j'ai pu bosser H24 du matin au soir et c'est le point positif à retenir par rapport à cette situation. Plus de temps à bosser chez moi, mais cela ne cache pas tous les points négatifs (sortir....).


Vous avez donc décidé de vous lancer dans la location de gîtes et chambres d'hôtes (Richtolsheim à 10 minutes de Sélestat). Pouvez-vous nous en parler ?

Déjà j'aime beaucoup voyager et je le faisais souvent avec ma femme quand j'étais joueur pro. J'aime bien rencontrer des gens d'un peu partout, du coup je me suis dit que ce serait bien d'ouvrir des chambres d'hôtes. J'adore l'Alsace et donc conseiller aux gens des coins sympas ou des restaurants qui valent le coup, Europa-Park qui n'est pas loin également. La possibilité d'évoluer dans un milieu qui me plaît et pouvoir apporter aux gens ce genre d'infos et je pense que c'est un bon mix et c'est ce qui me rend heureux.


Revenons sur le plan sportif. Pourquoi avoir choisi de revenir dans le monde professionnel après l'expérience en N2 ?

Toujours un manque. C'est difficile à dire, mais en N2 un manque de compétitivité par moment à l'entraînement et parfois en match. Quand on perd on relativise un peu et cela m'agaçait un peu. Je ne le montrais pas car moi aussi j'ai du m'adapter et je suis entré dans ce "mode de confort". Avec le temps, ça m'a manqué de retrouver une vraie exigence et c'est ce que je voulais, retrouver l'exigence que j'avais avant. Je suis devenu plus mature et du coup j'attend la reprise avec impatience pour monter mon expérience et surtout revenir en forme.

Jordan François en photo ci-dessus avec Plobsheim face à son nouveau club Mulhouse/Rixheim


Une certaine forme de revenge pour vous ?

Le terme de revanche n'est pas adapté car c'est moi qui avait décidé de mettre un terme à ma carrière pro. J'étais encore sous contrat avec Dijon quand j'ai arrêté avec encore une année car j'avais signé pour 3 ans. J'ai stoppé car j'avais envie de voir autre chose et je pense que j'avais fait le tour. Voir autre chose, mais le handball reste une passion voir plus et plus et la j'ai l'opportunité par Mehdi (Ighirri) que je connais très bien de repartir sur mon double projet. C'est plus un challenge envers moi même qu'une revenge pur et simple.


Avec du recul, quelles seraient les choses à refaire ou non lors de votre carrière ?

La première, c'est compliqué (petite réflexion), je pense que j'étais assez immature dans mes années pros. J'ai été mature très tard aussi bien sur le terrain qu'en dehors. J'avais un côté impulsif vis à vis de n'importe qui et je perdais le contrôle par moment. C'est vraiment de l'immaturité en général. Quand on est professionnel, cela demande d'être bien dans son corps et dans sa tête. Bon ce n'était pas la cata, j'étais quand même pro et j'ai fait aussi parfois des bonnes choses, mais le regret que j'ai, c'est de ne pas être allé un peu plus haut. Un peu plus haut entre guillemet, c'est ce manque dans l'approche du monde sportif que ce soit dans l'alimentation, dans le sommeil, dans la récupération post blessure. On veut reprendre vite et on joue quand même malgré les blessures. Par exemple aujourd'hui j'ai encore mal à la cheville parce que blessure mal soignée. Donc y'a certains choses des détails que je referais différemment : gestion des blessures, la récupération, maturité dans le jeu et en dehors.


Après je ne regrette pas mes choix, le fait d'être resté par exemple à Sélestat, ca m'a permis de rencontrer ma femme aujourd'hui, d'avoir ce projet que j'ai. Je suis très heureux et je ne changerais cela pour rien au monde. Du coup regretter ? Non, je suis hyper heureux aujourd'hui !


Quelles sont vos attentes personnelles pour cette saison ?

C'est déjà d'être le meilleur possible et donner le meilleur de moi même. Mon but n'est pas de marquer 10 buts par match. Si je n'en met que 4, mais que derrière je donne des passes décisives et des décalages, je serais content. Si toute l'équipe est heureuse après les matches cela me satisfait et pas de tirer la couverture sur moi. Faire ce mélange entre ce que je dois apporter sur le terrain d'où mon statut de pro, mais ne pas tirer la couverture sur moi pour pas d'un gars de l'équipe soit frustré. Apporter intelligemment des choses à l'équipe et pas uniquement pour moi même, c'est le rôle que je veux apporter à l'équipe aujourd'hui. En gros, c'est comme ça que je vois les choses.


Lors des années Montpellier ou Istres, vous aviez ce surnom de mitraillette. Celui-ci est t-il encore d'actualité aujourd'hui ?

Oui (rires), c'est vrai que je shootais à tort et à travers, je m'en souviens encore. Je suis maintenant complètement différent. Ceux qui m'ont vu évoluer le savant, d'autres ont encore je pense cette image de moi. C'était il y a 8, 10 ans, mais ce n'est plus du tour le cas, je joue autant pour les autres que pour moi même car l'important c'est que l'équipe soit heureuse et que personne ne soit frustré. Maintenant j'ai pris la maturité et la psychologie nécessaire pour pouvoir évoluer dans l'équipe et cette "période" de mitraillette est finie (sourire).


Un dernier mot pour clore cette interview ? Une dernière chose que vous aimeriez évoquer ?

Je vais faire comme je fais toujours dans la vie : être à 100 %, être vrai que ce soit avec ma femme, avec toi ou avec mes futurs coéquipiers. Être vrai, ne jamais se mentir ou quoi que ce soit, c'est le plus important, mais le faire intelligent et dans le partage du groupe. Ce qu'il faut retenir c'est que je serais moi même à la maison comme sur le terrain et comme partout. Tu peux être sur de ça !


Un grand merci à Jordan pour cet entretien dans la bonne humeur et nous lui souhaitons une bonne saison sous ses nouvelles couleurs !


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